History photo collage of the Council of Canadians

Historique

Le Conseil des Canadiens est un lieu de rassemblement depuis 1985 pour celles et ceux qui croient qu’un meilleur Canada est non seulement possible, mais nécessaire. Le Conseil a toujours fondé ses interventions sur des campagnes stratégiques et réalisées en temps opportun afin de défendre les valeurs, les programmes sociaux et les politiques progressistes auxquels nous croyons toutes et tous.

Nous célébrons trente-cinq années d’existence marquantes et nous espérons un avenir encore meilleur forts du soutien indéfectible de nos membres, de nos sympathisant.es et des militant.es de nos chapitres.

Les débuts

Fondé le 11 mars 1985 par Mel Hurtig et un groupe de personnalités éminentes, incluant Maude Barlow, Tommy Douglas, Margaret Atwood, Farley Mowat, David Suzuki et bien d’autres, le Conseil avait pour objectif de bâtir « un Canada nouveau et meilleur offrant plus d’emplois et de meilleurs emplois aux Canadiennes et Canadiens ainsi qu’un niveau de vie plus élevé, un Canada souverain jouant un rôle important à la table des nations ». Lire notre premier communiqué de presse (en anglais).

Rapidement, le Conseil s’est imposé en tant que défenseur de la souveraineté économique du Canada, protestant contre la vente d’entreprises canadiennes à des intérêts étrangers, notamment la vente de Havilland à Boeing, de Prentice Hall à Gulf & Western et de West Kootenay Power and Light à Utilicorp, une société du Kansas.

Au fil des années, nous avons affronté l’influence écrasante des États-Unis. En 1987, le Conseil a organisé un « Sommet du Canada » en parallèle de la visite à Ottawa du président des États-Unis Ronald Reagan. Le Réseau pro-Canada (devenu le Réseau action Canada) a été créé et ses membres ont affiché la Déclaration du Sommet du Canada sur la porte avant de l’édifice central du Parlement du Canada.

Près de deux décennies plus tard, le Conseil s’est à nouveau intéressé aux relations entre le Canada et les États-Unis et a mené une enquête citoyenne sur ces relations afin de contrer les efforts massifs des grandes entreprises commerciales canadiennes pour promouvoir « l’intégration profonde » du Canada aux États-Unis. Cette intégration profonde incluait un marché commun et des frontières communes, l’approvisionnement garanti et ininterrompu des États-Unis en énergie et la participation du Canada aux initiatives de défense et de sécurité de George W. Bush. Les efforts des entreprises ont débouché sur le soi-disant Partenariat sur la sécurité et la prospérité, lequel, suivant plusieurs années de campagne active, a été défait ultimement.

Par ses luttes au sujet du bois d’œuvre et de la protection des Grands Lacs et de l’eau, le Conseil des Canadiens a tenu tête au pouvoir et à l’influence de notre voisin du sud. Compte tenu de la mondialisation et de la réalité d’un monde plus étroitement connecté, nos champs d’intervention ont évolué pour considérer la place qu’occupe le Canada au sein de la communauté mondiale et l’interconnexion du capitalisme et du pouvoir des grandes sociétés.

Combat pour le commerce équitable

Dès le début, la mondialisation commerciale et économique a été au cœur même du travail du Conseil. Nous réclamions des accords commerciaux répondant aux besoins des travailleurs et des travailleuses et à ceux des familles, des accords qui protégeaient l’environnement plutôt que les intérêts des entreprises. En 1988, Maude Barlow, présidente nouvellement élue du Conseil des Canadiens, et Bob White, président des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA), ont débattu à la télévision nationale de libre-échange avec Peter Laugheed, alors premier ministre de l’Alberta, et Tom d’Aquino, lobbyiste pour les entreprises. Barlow et White ont alors souligné les menaces que comportait le libre-échange pour les emplois au Canada, pour notre souveraineté énergétique et pour l’environnement — des préoccupations qui se sont avérées pendant les décennies de l’accord de libre-échange.

Au cours des années 1980, le Conseil a mené un combat contre l’Accord de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et subséquemment, contre l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Des militant.es ont même assisté à la cérémonie de signature du premier ALENA, brandissant un drapeau des États-Unis derrière le premier ministre d’alors Brian Mulroney, une image qui a fait le tour du monde.

Bank mergers billboard

Lorsque l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI), un nouveau traité mondial d’investissement assorti de pouvoirs sans précédent, a été présenté, le Conseil a soulevé une tempête de protestations et mené une enquête d’un bout à l’autre du pays sur les valeurs et les politiques que la population canadienne souhaitait voir mises de l’avant par le gouvernement dans des négociations internationales. Nous avons établi des zones à l’abri de l’AMI et contribué à sensibiliser le public aux enjeux de l’accord. L’AMI a été battu à plate couture en partie grâce à nos efforts.

MAI Inquiry

Plus récemment, nous avons concentré nos luttes commerciales sur l’absence de transparence dans les négociations et l’inexistence de la reddition de comptes. Des ententes comme l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (AECG) et l’Accord de partenariat transpacifique (APT) ont été conclues derrière des portes closes et seule l’élite commerciale a pu participer aux discussions. Maintenant, les gouvernements avalisent ces ententes sans les commentaires ou avec très peu de participation du public. La mondialisation économique a eu pour effet d’ouvrir les marchés et d’affaiblir la réglementation, permettant aux grandes sociétés d’engranger des bénéfices énormes, mais ce, aux dépens de nos emplois et de notre capacité de gouverner dans l’intérêt de la population.

Le Conseil des Canadiens continue de lutter pour un commerce équitable qui fait des personnes et de la planète la priorité. Nous remettons en question l’influence des grandes sociétés sur les ententes commerciales et nous attirons l’attention sur le fait que ces accords nuisent à notre capacité d’intervenir pour contrer les crises auxquelles nous faisons face sur le plan du climat et de l’eau.

Peace March

Contester le pouvoir

Le Conseil des Canadiens croit au militantisme de terrain. En 1999, le Conseil a participé à la « bataille de Seattle », un combat mené contre l’Organisation mondiale du commerce, organisme dominé par les grandes sociétés. Quelque 50 000 manifestant.es ont envahi les rues de Seattle. Les responsables ont dû annuler les cérémonies d’ouverture d’un sommet réunissant des dirigeants commerciaux et des politiciens provenant de 134 pays.

Quelques années plus tard, nous nous sommes joints à un vaste mouvement pour contrer les négociations de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) à Québec. Ce fut une des plus grandes manifestations jamais organisées au Canada. Les militant.es, qui proposaient des solutions de rechange éclairées au libre-échange, étaient attendus par les forces policières qui ont utilisé contre eux des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc.

Quebec City

Nous avons combattu les fusions bancaires et eu gain de cause, une victoire qui a aidé le Canada pendant des périodes de ralentissement économique.

En 2007, nous avons aidé à rassembler à Montebello au Québec des milliers de manifestant.es contre le Partenariat sur la sécurité et la prospérité, pendant que le premier ministre d’alors Stephen Harper rencontrait derrière des portes closes le président des États-Unis George W. Bush et le président du Mexique Felipe Calderon. Notre colloque tenu près de Montebello a attiré plus de 1,500 personnes de partout au Canada et du monde entier.

En 2010, des militant.es du Conseil se sont joints aux dizaines de milliers de personnes qui ont envahi les rues de Toronto pour protester contre le Sommet du G20. La présence massive de la police anti- émeute et l’usage de force policière excessive ont amené beaucoup de personnes à se demander si les autorités ne nous enlevaient pas le droit de manifester pacifiquement.

Et de façon encore plus percutante, nous nous demandons aujourd’hui qui les gouvernements représentent véritablement : le peuple ou les entreprises?

Prendre soin les uns des autres et protéger l’environnement

Au cours des trente-cinq dernières années, le Conseil est intervenu pour protéger nos importants programmes sociaux et l’environnement. En travaillant pour la protection de nos services de santé et de l’eau, en nous élevant contre les oléoducs et les autres industries destructrices, nous bâtissons un pays où il est possible d’obtenir l’aide et les soins dont on a besoin et où la santé, le sol, l’eau et l’air sont protégés.

En 1996, le Conseil a mené un combat pour sauvegarder les prestations du Régime de pensions du Canada. Nous avons organisé des manifestations devant les bureaux du ministre fédéral des Finances et déposé plus de 100,000 pétitions protestant contre les compressions. Et le gouvernement a abandonné l’idée de réduire les prestations des personnes âgées.

Les luttes pour un réseau public et plus robuste de services de santé et contre des gouvernements désireux de privatiser ce secteur sont un thème récurrent de l’histoire du Conseil. En 2004, notre message devant la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada était clair : les services de santé doivent être suffisamment financés, ils doivent inclure l’assurance médicaments et les soins à domicile et ils doivent être à l’abri des accords commerciaux internationaux. Encore aujourd’hui, nous nous battons pour l’expansion des services de santé publics et pour l’assurance médicaments, et nous luttons contre les efforts incessants des gouvernements et d’entrepreneurs cupides pour privatiser le secteur.

Roy Romanow
Roy Romanow

Nous avons remporté une autre victoire dans la lutte pour protéger la population contre les effets nocifs des aliments génétiquement modifiés et contre la présence dans le lait de l’hormone de croissance bovine produite par Monsanto. En 2004, cédant aux pressions des consommateurs et d’organismes comme le nôtre, Monsanto a renoncé à produire et à vendre au Canada du blé génétiquement modifié. Et l’utilisation de l’hormone de croissance bovine sur le bétail a été interdite au Canada, nous protégeant ainsi de sa présence dans notre lait.

Monsanto demonstration

Depuis plus d’une décennie, nous tirons sur la sonnette d’alarme à propos des sables bitumineux de l’Alberta et de la Saskatchewan, le « Mordor du Canada », tels que décrits par Maude Barlow. Nous avons fait part de nos préoccupations au sujet des taux inhabituellement élevés de cancer dans les Premières nations voisines des sites d’extraction et nous avons mis en garde contre le legs toxique dont on a hérité.

À la lumière de la crise climatique, notre combat contre les sables bitumineux a pris de l’ampleur. Il inclut désormais des efforts pour stopper les infrastructures qui achemineront le bitume dilué vers les raffineries et les marchés étrangers. Nous avons lancé des campagnes pour arrêter de grands projets d’oléoducs, comme celui d’Énergie est, l’oléoduc de Keystone, celui de Trans Mountain et d’autres encore. Nous nous sommes réjouis de l’abandon du projet d’oléoduc d’Énergie est et nous continuons de lutter contre les industries d’extraction nocives, comme la fracturation, le forage en mer et l’exploration minière. Et nous demandons aux gouvernements de prendre les mesures qui s’imposent pour éviter le désastre climatique.

Modor March

Nous avons aussi pris la défense de la démocratie et exposé devant le tribunal la fraude électorale survenue pendant l’élection fédérale de 2011. Peu après, nous avons combattu les règles électorales inéquitables que voulait faire adopter le gouvernement Harper, des règles en vertu desquelles certaines personnes auraient eu beaucoup plus de difficulté à exercer leur droit de vote. Nous continuons de faire campagne pour un nouveau mode de scrutin plus juste et pour le renforcement des droits démocratiques.

Notre avenir

À ce jour, le Conseil des Canadiens par l’entremise de ses chapitres, de ses membres et de ses sympathisant.es est actif dans les collectivités ici au Canada et un peu partout au monde, bâtissant un mouvement populaire consacré au bien commun.

Sous le leadership inspiré et inspirant de Maude Barlow, maintenant la présidente honoraire du Conseil, nous luttons pour protéger le caractère public de l’eau, sa salubrité et son accès. Nous dénonçons les multinationales comme Nestlé qui veulent accaparer notre eau, l’embouteiller dans du plastique et la vendre pour faire d’énormes bénéfices. Nous réclamons la préservation des Grands Lacs, la plus importante source d’eau douce du Canada, et nous encourageons les personnes à agir dans leurs milieux afin de protéger nos sources d’eau publiques dans le cadre de notre projet Communautés bleues, qui depuis dix ans est devenu une initiative internationale.

Dans le cadre de notre travail en solidarité, nous appuyons les luttes des Autochtones, qui sont nombreux à vivre sans accès à l’eau potable et qui subissent de façon disproportionnée les effets dévastateurs sur leur santé et l’environnement causés par les industries d’extraction. Nous demandons aux gouvernements de respecter et de défendre leurs droits, de déployer de réels efforts de réconciliation et de mettre en œuvre la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

En réponse à l’urgence climatique, dans le cadre du New Deal vert pour le Canada, nous travaillons à transformer notre économie et à en faire une économie faible en carbone. Le New Deal vert permettra de réaliser cette transformation de façon équitable et ancrée dans la justice climatique, de respecter les droits des Autochtones et de créer plus d’un million d’emplois en cours de route.

Au fil des années, le fondement du travail du Conseil a été et demeure l’éducation et d’habiliter les personnes afin qu’elles luttent pour les valeurs auxquelles nous croyons toutes et tous. Nos membres, nos sympathisant.es et notre cinquantaine de chapitres bénévoles et actifs sur le terrain sont une voix puissante pour la promotion et la défense de la justice sociale et environnementale. Nous travaillons à tenir les gouvernements responsables de leurs actes et à remettre en question le pouvoir déséquilibré des grandes sociétés afin de promouvoir des changements sociaux positifs au Canada et dans le monde.

Merci de vous joindre à nous.