HALTE AUX COMPRESSIONS
L’austérité menace les moyens de subsistance et les communautés

Au ministre des Finances
En temps de crise, nous devons protéger et investir dans les besoins essentiels, à savoir les soins de santé, l’éducation et la lutte contre le changement climatique. Les projets du gouvernement visant à subventionner les entreprises et à augmenter les dépenses militaires au détriment des services publics constituent une menace à long terme pour nos communautés et la souveraineté du Canada.
Afin de renforcer notre économie, de répartir équitablement la richesse et de pourvoir aux besoins des Canadien(ne)s, nous vous demandons de taxer les milliardaires, de protéger les services essentiels et d’investir dans une transformation verte de notre économie menée par le secteur public.

Pourquoi s’opposer au programme d’austérité?
On parle de 25 milliards de dollars par an en moins pour les services publics et de 57 000 emplois supprimés. Les « pires compressions de l’histoire moderne », selon les économistes.
Est-ce pour cela que les Canadien(ne)s ont voté le 28 avril?
Les compressions drastiques dans les services publics prévues dans le prochain budget fédéral porteront un préjudice irréversible à notre capacité en tant que pays, à :
- Protéger notre eau.
- Bâtir l’économie post-carbone.
- Assurer l’équité salariale pour un travail égal.
- Accéder aux médicaments et rester en bonne santé.
- Former nos jeunes et notre main-d’œuvre.
- Percevoir des impôts auprès des milliardaires.
Alors où le chômage est en hausse au Canada et où beaucoup ont du mal à faire face au coût de la vie, les mesures d’austérité du gouvernement fédéral ne feront que nous rendre la vie plus difficile.
Où ira cet argent? Notre gouvernement a annoncé son intention de consacrer des centaines de milliards de dollars pour l’armée, principalement pour acheter des armes aux États-Unis. La pression est énorme pour subventionner davantage de pipelines déficitaires et l’extraction à grande échelle.
Qui est derrière ce programme? Face à la crise nationale déclenchée par Donald Trump, les PDG des plus grandes entreprises canadiennes ont favorisé la mise en place d’un plan radical. Leur vision consiste à transformer le Canada en une économie de type « extraire et expédier » où les travailleurs et travailleuses sont logé(e)s dans des camps, basée sur l’exportation du pétrole et de richesses minérales.
L’austérité ou les compressions drastiques dans les services publics sont la pierre angulaire de ce programme.
Ils ne cherchent pas à mettre en œuvre ce plan de transformation parce qu’il aiderait les Canadien(ne)s à faire face aux tarifs ou aux retombées d’une guerre commerciale. Ils font pression sur les plus hautes sphère du gouvernement pour augmenter les profits des actionnaires. Au contraire, le filet de sécurité sociale du Canada et les réglementations qui favorisent la qualité de l’air et de l’eau constituent un obstacle à leurs ambitions.
Le Conseil des Canadiens a une vision différente. Ce sont les services publics du Canada et le fait que nous prenons soin de notre terre, de notre air et de notre eau qui nous distingue. C’est pourquoi nous refusons catégoriquement de devenir le 51e État.
Écrivez au ministre Champagne dès aujourd’hui. Halte aux compressions, bâtissons le Canada que nous voulons.
Ce que nous savons des compressions prévues
Soins de santé
Réduction des mesures d’intervention en cas de catastrophe et de pandémie, gel du régime d’assurance-médicaments à l’étude »
Pendant la campagne électorale, le Premier ministre Carney a insisté sur le fait que le renforcement des soins de santé publics était « au cœur » de son plan visant à « bâtir un Canada fort » face aux menaces tarifaires de Donald Trump. Depuis l’été, cependant, la ministre de la Santé a annoncé des compressions d’un milliard de dollars à Santé Canada, avec plus de 1 000 licenciements prévus au cours des trois prochaines années. Les programmes destinés aux patient(e)s atteint(e)s de maladies rares et les programmes de lutte contre la crise des médicaments toxiques seront supprimés. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) devra faire face à une réduction supplémentaire d’un milliard de dollars de son budget annuel d’ici 2027-2028, les plus lourdes compressions touchant les programmes de préparation et d’intervention en cas d’inondations, d’incendies de forêt, d’épidémies de maladies infectieuses et d’autres urgences de santé publique. Près du tiers du personnel de l’ASPC sera licencié, ce qui aura des répercussions sur les lignes d’écoute téléphonique pour les personnes en crise suicidaire, les programmes de vaccination et les efforts de prévention des maladies chroniques.
Les libéraux ont prévenu les Canadien(ne)s que le programme de Pierre Poilievre, qui prévoit des réductions d’impôt et une augmentation des dépenses militaires, donnerait lieu à des compressions drastiques dans les soins de santé, l’éducation et d’autres services publics essentiels. Bien que le gouvernement fédéral insiste sur le fait qu’il ne réduira pas certains transferts fédéraux aux provinces pour les soins de santé, comme le Transfert canadien en matière de santé, celui-ci est clairement menacé. La ministre de la Santé a récemment révélé qu’elle envisageait de geler le financement de l’assurance-médicaments, ce qui représenterait un retrait de 5,3 milliards de dollars sur quatre ans dans ce qui avait été promis aux provinces. Si le gouvernement fédéral suspend la mise en œuvre de l’assurance-médicaments dans son état actuel, quatre Canadien(ne)s sur cinq seraient effectivement exclu(e)s du nouveau régime national d’assurance-médicaments. Plus important encore, cela signifierait que des millions de Canadien(ne)s continueraient à devoir faire des choix déchirants entre les médicaments, le loyer et la nourriture.
Le Premier ministre Carney est depuis revenu sur cette décision de geler les fonds après les protestations du Conseil des Canadiens et d’autres défenseur(e)s des soins de santé publics. Mais, l’avenir du régime demeure incertain.
Sources : Centre canadien de politiques alternatives, Hill Times
Eau
Alors que Donald Trump s’attaque à l’eau, la dépollution et la diplomatie de l’eau sont compromises. »
Alors que l’administration Trump supprime les réglementations sur l’eau des Grands Lacs et de nos fleuves communs, la capacité du Canada à coordonner la protection et la restauration de notre eau douce est plus essentielle que jamais. Selon des messages textes divulgués, l’Agence de l’eau du Canada fait face à de sévères compressions, qui compromettraient plusieurs initiatives liées aux bassins versants. « Certes, cette compression pourrait entraîner une diminution des travaux de restauration des proliférations d’algues partout au pays », a écrit un membre du personnel à ses collègues dans un fil de discussion. Un autre message faisait remarquer que les budgets consacrés à l’environnement sont « si modestes qu’il est impossible d’échapper aux conséquences politiques d’une réduction de 15 % ».
Notre analyse complète ici
Égalité des genres
Une compression de 80 % menace les refuges, les personnes 2SLGBTQ+ et les services d’aide aux victimes»
Les compressions proposées par le gouvernement fédéral, notamment la réduction de 80 % du budget du ministère des Femmes et de l’Égalité des genres (FEGC), constituent une grave menace pour les organisations de femmes et les services d’aide aux personnes LGBTQ+ partout au Canada. Les refuges pour les victimes de violence domestique, les centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle et les programmes d’aide aux victimes risquent de perdre des financements essentiels, ce qui compromettrait leur capacité à fournir des services vitaux. Des organisations comme Planned Parenthood, qui offrent des services d’éducation sexuelle et d’accès à l’avortement, pourraient également être gravement perturbées. Ces compressions s’inscrivent dans un virage politique plus large que des initié(e)s du gouvernement ont qualifié de « plus corporatiste » et « plus masculin ». La montée en puissance de la droite contre les droits des personnes LGBTQ+, en particulier une campagne bien financée visant les personnes transgenres, a intensifié les craintes que la réduction du financement laisse les communautés vulnérables sans protection ni défense. La sénatrice Marilou McPhedran a récemment prévenu que la consolidation du pouvoir entre les mains des « hommes d’affaires blancs » au sein du gouvernement est vivement ressentie par les femmes et les personnes de genre divers.
Référence : Le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres devrait voir son financement passer de 400 millions à 70 millions de dollars: archive.is/WwOLD
Droits des migrant(e)s
Réductions drastiques des services aux migrant(e)s, surveillance accrue et expulsions »
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) a annoncé qu’il réduirait ses dépenses de 45 % et licencierait un quart de ses effectifs, soit environ 3 300 emplois, d’ici 2027-2028. Selon les expert(e)s en immigration, la réduction du personnel chargé de traiter les demandes entraînera des délais d’attente plus longs pour les personnes déjà présentes au Canada qui espèrent retrouver leur famille, obtenir un permis de travail ainsi que la résidence permanente. Avec plus d’un million de dossiers en attente, les nouveaux(nouvelles) Canadien(ne)s doivent souvent attendre des années avant d’obtenir leurs papiers. Les compressions les plus importantes visent les services qui aident les nouveaux(nouvelles) arrivant(e)s à perfectionner leurs compétences linguistiques en anglais ou en français, à trouver des possibilités d’emploi et à aider les enfants à l’école.
Les défenseur(e)s des droits des migrant(e)s préviennent que ces compressions, associées à la législation proposée dans le projet de loi C-2, pourraient entraîner des « décisions de vie ou de mort » qui seront prises par un IRCC incroyablement surchargé. S’il est adopté, le Projet de loi C-2, la Loi visant une sécurité rigoureuse à la frontière, limitera l’accès des demandeur(e)s d’asile à une audience devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR), certain(e)s d’entre eux(elles) étant soumis(es) à une évaluation des risques préalable au renvoi administré par IRCC.
Bien que le gouvernement fédéral affirme que les compressions sont conformes à la réduction prévue des niveaux d’immigration, elles toucheront principalement les personnes qui sont déjà ici et celles qui arrivent. La diminution du financement des services aura des répercussions importantes sur les organisations à but non lucratif qui aident les migrant(e)s à trouver leur place dans la société canadienne.
Des compressions de cette ampleur ne feront qu’encombrer davantage le système d’immigration, laissant encore plus de migrant(e)s dans l’incertitude. Déjà, les migrant(e)s attendent des années pour que leurs documents soient traités, avec plus d’un million de dossiers en attente pour des questions telles que les permis de travail (sept mois d’attente), le parrainage conjugal (24 mois d’attente) et les documents d’établissement (deux mois), ce qui les rend plus vulnérables à l’exploitation par les employeurs, les partenaires violents et les propriétaires.
Ces compressions prévues de trois milliards de dollars ne nuiront pas seulement aux fonctionnaires fédéraux. Elles auront également un impact sur les entreprises aux prises avec de graves pénuries de main-d’œuvre et sur un système de soins de santé qui a désespérément besoin de travailleurs et travailleuses qualifié(e)s.
Sources : CBC News, Hill Times
Action climatique
Les programmes de lutte contre le changement climatique sont réduits de moitié et les aides à la rénovation sont sabrées. »
Le budget d’automne du Premier ministre Mark Carney prévoit des compressions drastiques dans les programmes de lutte contre le changement climatique du Canada avec une réduction de deux-tiers du financement des transports verts et des réductions pouvant atteindre 50 % pour Environnement et Changement climatique Canada. Les systèmes écologiques et innovants de Transports Canada connaîtront la baisse la plus forte, passant de 672 millions de dollars à 211 millions de dollars sur trois ans, tandis que le Programme de prêts pour des maisons plus vertes, un outil essentiel permettant aux Canadien(ne)s à revenu moyen de réduire leurs émissions, est purement et simplement supprimé. Ces compressions coïncident avec des changements politiques plus larges qui menacent les engagements climatiques du Canada, notamment l’abrogation de la tarification du prix du carbone pour les consommateurs(trices), la suspension du mandat sur les véhicules électriques et l’incertitude entourant les cibles d’émissions du pays pour 2030, malgré l’objectif déclaré d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Éducation
Les compressions aggravent la crise dans les universités et entraînent une réduction drastique de la recherche. »
Le système d’éducation postsecondaire canadien est confronté à une vague de compressions motivée par les restrictions fédérales en matière d’immigration et les coupes budgétaires imminentes. La décision du gouvernement de réduire le plafond des visas pour les étudiant(e)s étrangers(ères) a contraint les universités, qui avaient auparavant réagi au sous-financement en augmentant les frais de scolarité des étudiant(e)s étrangers(ères), à supprimer des programmes et à licencier du personnel. Cela s’ajoute à une réduction prévue de 597 millions de dollars du financement fédéral de la recherche au CRSH, aux IRSC et au CRSNG, qui pourrait annuler les gains promis dans le budget de 2024, notamment les augmentations salariales attendues depuis longtemps pour les étudiant(e)s diplômé(e)s et les postdoctorants. Ces compressions menacent la capacité globale de recherche du Canada, sapent notre capacité d’innovation et creusent l’écart de richesse.
Taxer les riches
Il devient plus difficile de traquer les milliardaires et les fraudeurs fiscaux »
Le budget d’automne du Premier ministre Mark Carney prévoit une réduction d’impôt radicale, inspirée par M. Poilievre, qui réduit le taux marginal le plus bas, une mesure qui coûtera au Trésor fédéral environ 22 milliards de dollars sur quatre ans. Le gouvernement réduit simultanément la capacité de l’Agence du revenu du Canada à percevoir les impôts et à auditer les ultra-riches en imposant des compressions de 715 millions de dollars d’ici 2028. Résultat : une perte de plus de 7 000 emplois au cours de la dernière année seulement, et un passe-droit pour un nombre incalculable de fraudeurs fiscaux.
Parmi les personnes touchées par ces compressions figurent des centaines d’auditeurs(trices) et d’agent(e)s de recouvrement, dont le travail permet généralement de recouvrer chaque année des millions de dollars d’impôts impayés. Les licenciements dans les centres d’appels ont fait que moins de 5 % des appelant(e)s peuvent joindre un(e) agent(e), ce qui a incité l’AFPC et le SEI à lancer la campagne « Le Canada mis en attente » pour mettre en garde contre la détérioration des services publics. Ces compressions nuisent non seulement à l’équité fiscale, mais entravent également la capacité du gouvernement à poursuivre les fraudeurs fiscaux à revenus élevés, protégeant ainsi les fortunes de tout contrôle à un moment où les recettes sont urgemment nécessaires.

Une santé mise à mal
Vos soins de santé sont mis à mal par un faux choix. Le gouvernement choisit de dépenser des milliards pour de nouveaux avions de chasse et des allégements fiscaux pour les entreprises en réduisant les services sur lesquels vous et votre famille comptez. Cela se traduit par des temps d’attente plus longs et moins de soutien pour les travailleurs et travailleuses de la santé de première ligne, tout cela pour financer des priorités qui ne profitent pas aux Canadien(ne)s ordinaires.

Des services publics mis à mal
Les temps d’attente plus longs pour les services gouvernementaux ne sont pas un accident, c’est un choix. Pour financer des dépenses militaires massives et de nouveaux allégements fiscaux pour les entreprises, le gouvernement prévoit de procéder à des compressions drastiques dans les services publics sur lesquels nous comptons tous(toutes). Cela se traduira par une diminution du soutien pour tout le monde.

Des milliards pour les armes de guerre
Pour atteindre l’objectif de dépenses militaires fixé par les États-Unis, Ottawa dépense des milliards pour des armes fabriquées aux États-Unis. Cela renforce notre dépendance vis-à-vis des États-Unis et nous empêche de tracer notre propre voie dans le monde. Il est temps de cesser de financer les priorités de Washington et de commencer à investir dans les communautés canadiennes.