Goldboro LNG needs a federal assessment

Pourquoi nous exigeons une évaluation environnementale fédérale en ce qui concerne le projet Goldboro LNG

Robin Tress
Vendredi 14 mai 2021 - 14:08

Pieridae Energy prévoit de construire une installation de gaz naturel liquéfié (GNL) à Goldboro, en Nouvelle-Écosse, et cherche à obtenir une aide fédérale d’un milliard de dollars pour lancer le projet, une initiative qui poserait des risques incroyables pour les communautés Mi'kmaq de la Nouvelle-Écosse, pour le climat mondial et pour l'environnement local. Il décimerait tout espoir de voir la Nouvelle-Écosse faire sa juste part pour réduire les émissions.

Outre ces risques bien connus, Ecojustice a récemment constaté que la décision de ne pas exiger une évaluation environnementale fédérale pour le projet Goldboro LNG, l'approbation fondamentale qui permet à l'entreprise d’entamer ses travaux, peut ne pas être conforme à la loi fédérale.

L’évaluation environnementale n’est pas à la hauteur

Avant Goldboro LNG, un projet appelé Keltic Petrochemicals avait été proposé pour le même site, quoique pour une activité industrielle très différente. Keltic a fait l’objet d’une évaluation environnementale fédérale et a été approuvé en 2007. Mais, le projet n’a jamais vu le jour.

En 2012, l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (désormais appelée Agence d’évaluation d’impact du Canada) a jugé qu’un examen environnemental fédéral du projet Goldboro n’était pas justifié, car une étude avait déjà été réalisée pour Keltic Petrochemicals. Goldboro LNG a par la suite fait l’objet d’une évaluation environnementale provinciale et a été approuvé en 2014.

Comme les deux projets sont distincts et qu’ils présentent des risques et des impacts très différents sur l’environnement et la communauté environnante, le Conseil des Canadiens s’est joint à quatre autres organisations pour faire valoir que le projet Goldboro LNG de Pieridae doit faire l’objet d’une évaluation fédérale des incidences environnementales.

Consultez la lettre que nous avons fait parvenir à Jonathan Wilkinson, ministre de l’Environnement et Changement climatique Canada, ici.

Les impacts climatiques n’ont pas été pris en compte

Les impacts climatiques de Goldboro LNG n'ont pas encore fait l'objet d'un contrôle fédéral. Puisque le projet est soumis à une évaluation environnementale datant de 2007 et portant sur un projet totalement différent, les nouvelles données scientifiques sur le climat n'ont pas été prises en compte dans le cadre de ce schéma massif d’exploitation de combustibles fossiles.

Depuis 2007, trois nouveaux rapports sur le climat ont été publiés par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). À l’échelle mondiale, nous sommes passés de la limitation du réchauffement de 2 degrés à 1,5. Nous avons appris que le Canada, en particulier les territoires, se réchauffe jusqu’à trois fois plus vite que la moyenne mondiale. Nous avons connu des inondations, des sécheresses et des ouragans d’une férocité et d’une fréquence comme nous n’en avions jamais vues auparavant. Le Canada s'est engagé à réduire ses émissions de 40 % d'ici 2030 et la Nouvelle-Écosse s'est engagée à réduire les siennes de 53 % d'ici là. Aucun de ces éléments n'a été pris en compte dans l'évaluation environnementale de 2007.

Aux dires d’experts indépendants, Goldboro LNG devrait amener la province à dépasser d’un tiers son plafond d’émissions pour 2030.

Les émissions potentielles de gaz à effet de serre associées au projet entraveraient sérieusement la capacité du gouvernement de la Nouvelle-Écosse et du gouvernement du Canada à respecter leurs engagements en matière de changement climatique, notamment dans le contexte des objectifs de réduction des émissions de GES du Canada récemment augmentées pour 2030 et bientôt légiférées pour 2050.

N'oublions pas que ces objectifs climatiques ne sont pas que de beaux chiffres. Il s’agit de changements non négociables que nous devons apporter à nos systèmes énergétiques et à notre économie et qui pourraient protéger la société humaine sur cette planète. Le climat se moque de la politique et ne peut pas être négocié. C'est une question de physique, pas de politique.

Consultation avec les Mi'kmaq

Des femmes Mi'kmaq à base citoyenne nous ont parlé des risques de sécurité que la construction de l'installation de Goldboro LNG ferait courir à leurs communautés. L’augmentation de la violence faite aux femmes et aux filles autochtones par les travailleurs migrants, principalement des hommes, qui sont logés dans des camps de travail, ou « camps d’hommes », situés sur les sites du projet, est bien documentée.

Lors d’une réunion publique organisée par le Conseil des Canadiens au sujet de Goldboro LNG cette semaine, plusieurs femmes et grands-mères Mi’kmaq nous ont fait part de leurs préoccupations. Margaret Cook, ancienne directrice de l’Association des femmes autochtones de la Nouvelle-Écosse et agente de liaison auprès de la Commission royale sur les peuples autochtones, nous a fait part de son expérience et de son point de vue, qui se résume en une phrase : « Nos femmes valent plus ».

Margaret a également écrit un article sur Goldboro LNG qui a paru dans le Nova Scotia Advocate dans lequel elle donne plus de détails sur les risques que les camps d’hommes font courir aux femmes autochtones, ainsi que sur son histoire et sa relation avec cette question.

Les Mi’kmaq n’ont pas été consultés au sujet du camp de travail provisoire. Pieridae Energy, la société à l’origine de Goldboro LNG, affirme que ce projet constitue un pas vers la réconciliation. Mais, les femmes Mi'kmaq ne sont pas du tout d'accord. Avant la signature de toute entente, les chefs doivent mener une véritable consultation auprès des femmes Mi'kmaq, a déclaré Margaret Cook lors de la réunion de cette semaine.

Il est encore temps d'arrêter Goldboro LNG

Pieridae Energy doit démontrer qu'elle dispose d’investisseurs d'ici la fin juin 2021 afin de respecter ses accords avec Uniper, son acheteur de GNL. Sans un investissement d’un milliard de dollars du gouvernement fédéral, la société ne pourra probablement pas procéder.

Pieridae a exercé des pressions intenses auprès d’une poignée de député(e)s et de ministres afin d’obtenir un soutien pour sa demande de financement d’un milliard de dollars, à savoir Mike Kelloway (Cape Breton–Canso), Sean Fraser (Central Nova), Sean Casey (Charlottetown), Geoff Regan (Halifax Ouest) et Bernadette Jordan (South Shore–St. Margarets). L'entreprise a également fait du lobbying auprès d’Exportation et développement Canada (un bailleur de fonds fréquent de projets de combustibles fossiles), du bureau du premier ministre, du bureau du Conseil privé, et plus encore.

La date butoir du 30 juin imposée à l’entreprise approche à grands pas et nous pouvons empêcher le gouvernement fédéral de faire cet investissement peu judicieux et de financer les grandes pétrolières. 📞 Passez un appel pour larguer les subventions aux combustibles fossiles !