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Comment inverser la teneur du scénario entourant l’assurance-médicaments universelle

Comment inverser la teneur du scénario entourant l’assurance-médicaments universelle

Cet article a d’abord été publié dans le numéro 2023 de Canadian Perspectives, le magazine annuel du Conseil des Canadiens. Pour lire d’autres articles de ce numéro, cliquez ici.

Où que j’aille ces jours-ci, je rencontre des gens qui sont stupéfaits à l’idée que nous puissions avoir un régime d’assurance-médicaments universel et public.

Dans le cadre de notre tournée sur l’assurance-médicaments, nous nous sommes arrêté(e)s pour le petit-déjeuner dans une gargote à London, en Ontario, avant de nous rendre à notre prochaine destination. Nous avons pris place dans le patio et notre serveuse nous a demandé d’où nous venions et la raison de notre visite. La mention de notre assemblée publique et de la perspective d’un régime d’assurance-médicaments universel et public l’a stupéfiée. Elle nous a parlé d’un de ses proches croulant sous le coût de l’insuline. Vi Bui, notre organisatrice régionale pour l’Ontario et le Québec, s’est empressée de courir à la voiture et d’aller chercher quelques affiches-fenêtres et dépliants pour notre nouvelle amie afin qu’elle puisse les placer dans le restaurant. Celle-ci les a acceptés avec plaisir.

Trois hommes assis à la table voisine ont entendu notre conversation et ils nous ont posé quelques questions. « Qu’est-ce que c’est que cette assurance-médicaments? Est-ce vraiment à portée de main? Et nous pourrions économiser de l’argent dans tous les domaines? »

« Pourquoi n’est-ce pas déjà en place? » de poursuivre l’un des hommes. « Je ne savais même pas qu’il en était question et je suis heureux que vous nous en ayez parlé ».

Que les gens entendent parler pour la première fois de l’assurance-médicaments ou qu’ils la défendent depuis des années, tous(toutes) ceux(celles) que nous avons rencontré(e)s étaient enthousiastes à l’idée qu’une couverture universelle pour les médicaments essentiels se profilait à l’horizon.

À Waterloo, plus tard dans la semaine, nous avons pris un brunch chez David et Mary, deux de nos chers membres du chapitre de Kitchener-Waterloo, et nous avons écouté notre amie Marilyn Hay à la radio qui parlait de l’assemblée publique de la veille. Juste devant la maison, des ouvriers qui réparaient l’allée ont vu l’affiche sur notre voiture et nous ont demandé ce que nous faisions. L’un d’eux nous a dit qu’il était doctorant en politique en matière de santé et qu’il militait depuis longtemps en faveur de l’assurance-médicaments.

Partout où nous sommes allés, nous avons rencontré des gens aux prises avec le coût élevé des médicaments, consternés par le fait que les multiples promesses libérales visant à mettre en place un régime d’assurance-médicaments n’aient pas encore été tenues, ou ravis que le Canada envisage même de mettre à exécution un régime aussi progressiste et fondamental.

D’Antigonish, en Nouvelle-Écosse, à Powell River, en Colombie-Britannique, nous militons en faveur de l’assurance-médicaments. Nous avons organisé des assemblées publiques à Halifax, Charlottetown, Fredericton, Antigonish, Guelph, Toronto, London, Kitchener-Waterloo, Hamilton, Ottawa, Montréal, Victoria, Vancouver, Powell River et Nelson.

À la suite de ces assemblées publiques, nous avons bénéficié d’une couverture médiatique régulière, ainsi que d’excellents articles d’opinion rédigés par les panélistes. Plus l’attention se porte sur la question de l’assurance-médicaments, plus les reportages sur notre personnel, nos chapitres et nos alliés dans d’autres organisations se multiplient.

Nous avons beaucoup appris au cours des assemblées publiques, en discutant avec les participant(e)s et en écoutant ce qu’ils(elles) avaient à dire sur la profondeur et l’étendue de l’impact du coût élevé des médicaments, et en découvrant de nouvelles façons d’ajuster et de perfectionner notre stratégie.

L’un de nos panélistes à Toronto, Syed Hussan du Migrant Rights Network, nous a présenté une approche stratégique importante, à savoir sensibiliser, agiter, inoculer, organiser.

Parce que l’assurance-médicaments est une question que l’industrie pharmaceutique a délibérément embrouillée et obscurcie au fil des ans, nous avons déployé beaucoup d’efforts pour sensibiliser la population sur la manière de répondre aux doutes qui prévalent. Les opposants à l’assurance-médicaments ont demandé : « Cela ne sera-t-il pas dispendieux? Êtes-vous certain qu’une assurance publique offrira une meilleure couverture qu’une assurance privée? Les gouvernements provinciaux conservateurs ne vont-ils pas mettre des bâtons dans les roues? »

Préparer les militant(e)s et les participant(e)s aux assemblées publiques à réfuter ces questions a été un volet important de notre tournée et de la campagne en général.

Émouvoir les cœurs et les esprits

Il y a un an, le sujet de l’assurance-médicaments était principalement abordé dans les médias comme une question compliquée concernant les formulaires et les régimes d’assurance, qui devait n’être comprise que des expert(e)s en santé publique et des spécialistes des politiques. Aujourd’hui, grâce à l’effort collectif généreux de centaines de gens, nous avons montré qu’il s’agit d’une histoire de personnes, de profits, d’inégalités et de soins de santé publics.

Nous avons travaillé d’arrache-pied pour élargir le combat et démontrer que l’assurance-médicaments est une lutte qui nous concerne tous(toutes). Plus de 11 % des Canadien(ne)s ne peuvent pas prendre leurs médicaments parce qu’ils(elles) n’en ont pas les moyens, et un tiers d’entre eux(elles) ont du mal à joindre les deux bouts en raison du coût de leur médicament. Lors de nos assemblées publiques, nous avons entendu des immigrant(e)s, des femmes, des personnes de divers genre, des personnes atteintes de diabète et d’autres maladies chroniques, des sans abri, des parents, des médecins, des infirmières, des jeunes et des personnes âgées. Leurs communautés et eux(elles) sont touché(e)s de diverses manières par le coût élevé des médicaments. Mais, ils(elles) livrent tous(toutes) un message commun, soit nous avons besoin d’un régime public d’assurance-médicaments, et nous en avons besoin maintenant. 

Nous constatons régulièrement que le pouvoir des histoires personnelles, lié à la demande générale d’un régime public d’assurance-médicaments maintenant, émeut les cœurs et les esprits. Des centaines de militant(e)s du Conseil des Canadiens sont dans leurs communautés, faisant du démarchage aux portes des pharmacies et des centres communautaires, rencontrant des député(e)s et partageant des affiches-fenêtres avec leurs voisin(e)s. Dans toutes ces conversations, les histoires personnelles associées à nos revendications politiques communes incitent toujours plus de gens à participer à la campagne et à renforcer notre pouvoir collectif.

La lutte pour l’obtention d’un régime public d’assurance-médicaments commence avec nous tous(toutes). Participez dès maintenant.

Robin Tress

Robin Tress

Robin Tress a été directrice co-exécutive et directrice des campagnes par intérim du Conseil des Canadiens de septembre 2022 à juillet 2023.